Là où commence l'énergie visuelle
J'ai toujours eu le sentiment que certaines œuvres d'art se comportent moins comme des objets que comme des champs énergétiques. Elles créent une ambiance avant même de former une image. Elles transforment l'atmosphère. Elles influencent la perception émotionnelle d'un lieu. Lorsque je crée mes pièces les plus excentriques, chargées de couleurs, je suis guidée par cette idée d'énergie visuelle. Je ne raisonne pas en termes de décoration. Je raisonne en termes de vibration, de fréquence, de tension et de douceur. Mes couleurs agissent comme des signaux émotionnels. Mes graines lumineuses diffusent une chaleur intérieure. Mes formes botaniques surréalistes vibrent d'intention. C'est pourquoi mes œuvres murales excentriques semblent souvent vivantes. Elles ne se contentent pas d'être accrochées au mur : elles rayonnent.

La couleur comme fréquence émotionnelle
La couleur est le premier langage de mon travail. Je ne choisis jamais une teinte simplement parce qu'elle est jolie ou saisissante. Je choisis les couleurs parce qu'elles portent des fréquences émotionnelles. Le rose fluo évoque une intensité qui traverse le corps ; le bleu turquoise, une clarté perçant le brouillard ; les verts sulfureux vibrent d'intuition ; les jaunes lumineux, une conscience qui s'éveille. Ces teintes ne restent pas figées une fois intégrées à une composition. Elles scintillent, se déploient, s'adoucissent et s'étendent selon leur environnement. Lorsqu'elles se fondent dans des atmosphères d'un noir profond ou flottent parmi des formes végétales, leur présence émotionnelle se fait encore plus intense. L'œuvre semble alors jouer une douce mélodie qui résonne dans la pièce.
Noir doux comme l'impulsion de mise à la terre
Le noir doux est mon point d'ancrage. C'est la teinte qui maintient l'équilibre émotionnel du reste de la palette. Je n'utilise pas le noir comme le vide ; je l'utilise comme le souffle, comme la gravité, comme l'instant où le monde se calme avant qu'un événement important ne surgisse. Lorsque je juxtapose des tons néon ou des fleurs lumineuses à ce noir doux, crépusculaire, ils se mettent à vibrer. Ils prennent vie. Ils génèrent un contraste non pas agressif, mais intense. Ce noir doux stabilise la composition comme l'immobilité stabilise le mouvement. Il permet à la luminosité d'apparaître intentionnelle plutôt que chaotique. Dans une maison, cette teinte agit comme un fil conducteur, absorbant les bruits parasites et laissant émerger une clarté émotionnelle.

Formes flottantes en tant qu'énergie en mouvement
Lorsque je crée des formes flottantes — sphères, pétales lumineux, petites graines emportées par le courant —, je les perçois comme une énergie en mouvement. Elles représentent des pensées, des souvenirs, des intuitions et des sensations qui planent juste en dessous de la conscience. Ce sont les particules émotionnelles qui façonnent notre climat intérieur. Dans mes compositions, ces formes dérivent plutôt que de rester immobiles, et cette impression de mouvement crée une atmosphère vivante, même dans le silence. Dans une pièce, ce mouvement se traduit par une sensation de fluidité. Il invite le spectateur à adoucir son regard, à respirer différemment, à pénétrer dans un espace onirique où l'énergie semble fluide plutôt que figée.
Comment le néon devient électricité émotionnelle
Le néon est l'un de mes outils les plus précieux. Je ne l'utilise pas par modernité ou par effet de mode ; je l'utilise pour son pouvoir d'électrisation. Le néon possède une puissance presque mystique. Lorsque je souligne une forme ou que j'illumine un pétale d'un fin liseré néon, il capte l'attention. Il agit comme une étincelle intuitive – un moment de reconnaissance, une intuition soudaine, un éveil émotionnel. Cette énergie s'adoucit dans l'ombre d'un noir profond et s'intensifie au contact de plantes aux reflets miroir. Chez soi, des touches de néon peuvent insuffler de la vie à un coin, le rendre plus vivant, plus vibrant. Ils agissent comme de minuscules éclairs de vitalité.

Les symboles botaniques comme résonance émotionnelle
Les éléments botaniques de mon travail — fleurs miroitantes, lianes hybrides, graines lumineuses — fonctionnent comme des résonateurs émotionnels. Je ne les perçois jamais comme de simples plantes, mais plutôt comme des organes symboliques, chacun porteur d'une fonction émotionnelle spécifique. Un pétale miroitant peut représenter un conflit intérieur ou une dualité. Une graine lumineuse peut incarner le potentiel ou le désir. Une liane sinueuse peut symboliser la tension entre croissance et résistance. Placées au sein de champs de couleurs vibrantes ou d'atmosphères tamisées, ces formes se chargent de sens. Elles transforment l'œuvre en un véritable écosystème émotionnel vivant. Cette résonance se propage dans la pièce elle-même, imprégnant l'atmosphère du foyer de manière discrète mais puissante.
Pourquoi mes œuvres d'art murales excentriques me donnent l'impression d'être de l'énergie
On me dit souvent que mon travail dégage une impression d'énergie plutôt que d'image, et je comprends pourquoi. Mes compositions sont construites comme des circuits émotionnels. Le noir profond ancre l'œuvre, le néon y insuffle une étincelle, les symboles botaniques portent le pouls émotionnel et la palette d'ensemble en définit la fréquence. Ensemble, ces éléments créent un champ plutôt qu'une scène. Face à l'une de mes œuvres, le spectateur peut se sentir apaisé, éveillé, stimulé ou introspectif – non pas parce que l'œuvre est littérale, mais parce qu'elle est vibratoire. Elle communique avec le corps avant de communiquer avec l'esprit.

Les vibrations d'une maison
Lorsqu'une de mes œuvres entre dans une maison, elle en modifie souvent l'atmosphère instantanément. Une pièce devient plus calme, plus lumineuse, plus magique, plus chargée d'émotion. L'effet dépend de la palette, des symboles et de l'ambiance. Mon travail ne s'impose pas ; il interagit. Il imprègne la pièce comme le ferait un nouveau parfum ou une musique : non pas en occupant l'espace, mais en en modifiant l'atmosphère. Une maison est un paysage émotionnel, et l'œuvre d'art idéale s'intègre à son architecture. Elle accompagne les cycles quotidiens de la pensée, du repos, de la réflexion et de l'imagination.
Mes œuvres murales excentriques dégagent une énergie particulière, car je les conçois comme telles. Je les crée comme vibrations, comme fréquences, comme champs émotionnels. Je les conçois pour bouger, même immobiles. Et une fois accrochées dans une pièce, elles continuent de se mouvoir – au sein de l'atmosphère, des couleurs, et dans l'univers intérieur du spectateur. C'est ce mouvement qui leur donne vie.