Là où commence mon esthétique funk surréaliste
Lorsque je crée ce que j'appelle du « funk surréaliste », je travaille dans un espace où l'intuition rencontre la fantaisie, où le symbolisme se mêle au rythme, et où la profondeur émotionnelle se fond dans une lueur légèrement chaotique. Le côté funky de mon travail ne provient pas seulement de l'humour ou de l'excentricité ; il émane d'un sentiment de mouvement, d'une pulsation au sein de la composition, à la fois intuitive et imprévisible. Je suis constamment à la recherche de cette tension entre étrangeté et tendresse, de ce point où une forme flottante peut évoquer un murmure émotionnel et une étincelle de néon un fragment de vérité. Le funk surréaliste devient le langage que j'utilise pour exprimer le mouvement intérieur de la psyché.

Formes flottantes comme dérive émotionnelle
Des formes flottantes apparaissent dans mon travail lorsque je souhaite exprimer l'insaisissable : une sensation sans origine, une pensée fugace, une intuition encore en formation. Ces formes se déplacent dans la composition comme de doux signaux. Elles n'appellent aucune interprétation ; elles créent une atmosphère. Une forme suspendue dans un champ sombre porte en elle cette même incertitude tranquille qui précède la clarté. Un ensemble de formes allongées se comporte comme un rythme intérieur. Ces éléments flottants me permettent de construire un espace émotionnel au sein de l'œuvre. Ils invitent le spectateur dans un monde où le sens n'est pas figé, mais suspendu, vibrant et vivant.
Graines de néon comme étincelles d'activation intérieure
Les graines de néon comptent parmi les éléments les plus instinctifs de ma création. Elles apparaissent lorsqu'un élément de l'œuvre a besoin de s'embraser : une impulsion imperceptible, un éveil subtil, un point d'activation intérieure. Je les perçois comme des graines d'énergie plutôt que comme des références botaniques. Elles brillent car quelque chose se transforme dans le paysage émotionnel. Intégrées à une composition, les graines de néon deviennent des catalyseurs. Elles signalent l'instant où l'intuition se mue en décision, où l'hésitation cède la place au mouvement. Elles confèrent à l'œuvre une impression d'immédiateté, une décharge d'énergie émotionnelle.

Courbes et lignes comme voies intuitives
Dans mes morceaux funk surréalistes, les lignes et les courbes se comportent comme des chemins intuitifs. Une courbe abrupte peut représenter un tournant émotionnel. Une ligne en boucle peut faire écho à une pensée cyclique. Un fin trait ascendant peut signaler une libération. Ces marques recèlent une énergie cinétique. Elles créent un rythme à la manière de la musique — par la direction, le flux et la pause. Lorsque je travaille avec ces gestes, je laisse la ligne me guider. Elle révèle la direction que prend le paysage émotionnel. Ces chemins sont rarement symétriques ou prévisibles, car je ne cherche pas à imposer un ordre ; je cherche à retracer les mouvements invisibles au cœur de la psyché.
La texture comme vibration émotionnelle
La texture confère à mon funk surréaliste sa profondeur et sa tension. Un grain doux, un léger bruit de fond, des superpositions vaporeuses et des dégradés superposés donnent à l'œuvre une dimension vivante, comme si l'univers émotionnel qui la sous-tendait respirait et avait une mémoire. La texture permet à mes éléments lumineux d'avoir une apparence organique plutôt que numérique. Elle donne du poids aux formes flottantes, même lorsqu'elles semblent légères. Elle crée une friction qui évoque un conflit émotionnel, et une douceur qui évoque la vulnérabilité. Grâce à la texture, je peux transmettre la vibration d'un instant — la sensation de quelque chose qui approche, de quelque chose qui s'en va, de quelque chose qui devient.

Tension onirique comme atmosphère
La tension onirique qui imprègne mon travail provient de la confrontation d'énergies : la lumière contre l'ombre, la légèreté contre l'enracinement, la netteté contre la douceur. Je crée cette tension non pour submerger, mais pour évoquer cet état surréaliste où l'esprit se sent légèrement déstabilisé, tout en restant étrangement conscient. C'est l'espace entre le sommeil et l'éveil, l'intuition et l'analyse, la mémoire et l'imagination. Cette tension confère à l'œuvre une ambiguïté émotionnelle – une ambiguïté qui nous est familière, car les sentiments authentiques sont rarement pleinement définis. Cette tension onirique donne à mon univers surréaliste toute sa profondeur émotionnelle. Elle transforme la composition en un paysage intérieur plutôt qu'en une scène extérieure.
Le funk comme jeu symbolique
Pour moi, le funk est une forme de jeu symbolique. C'est la liberté de déformer, d'exagérer, de laisser flotter, de tordre et de rayonner sans perdre en sincérité émotionnelle. Une forme funky n'est pas futile ; elle est expressive. Elle me permet d'explorer les limites du langage symbolique. Lorsque je laisse mes motifs se glisser dans une distorsion ludique, ils deviennent plus authentiques, plus instinctifs. Le funk n'est pas le chaos. C'est la libération. Il donne à mon art le courage d'explorer des directions inattendues et d'embrasser les aspects étranges, contradictoires ou subtilement humoristiques des émotions.

Le surréalisme vu à travers le prisme des émotions
Bien que mon travail contienne des éléments surréalistes, je n'aborde pas le surréalisme d'un point de vue théâtral. Je l'aborde de l'intérieur. Le surréalisme surgit lorsque l'émotion ne peut s'exprimer par le réalisme. Une forme flottante exprime un sentiment mieux qu'un objet concret. Une ligne de néon révèle une tension plus clairement qu'un geste physique. En ce sens, mon surréalisme est émotionnel plutôt que fantastique. Il s'enracine dans la sensation, l'intuition et la mémoire. Il crée un monde où le spectateur ressent plutôt qu'il n'interprète.
Pourquoi le funk surréaliste est important dans ma pratique
Je reviens au funk surréaliste car il me permet de conjuguer tous les langages émotionnels et symboliques qui me sont naturels : formes flottantes, lueurs néon, échos botaniques, géométrie intuitive, atmosphères d'un noir profond et mouvements oniriques. Il me permet d'explorer mes paysages intérieurs avec sincérité et fantaisie. Le funk surréaliste est ma façon de donner forme aux contradictions : la douceur au sein de l'intensité, la clarté au sein du chaos, la tendresse au sein de l'étrangeté. Il m'aide à créer des œuvres qui n'expliquent pas l'émotion, mais l'incarnent.
Au final, mon art mural surréaliste et funky ne vise pas à créer un monde imaginaire. Il s'agit de créer un univers symbolique où l'émotion peut flotter, palpiter, rayonner et se transformer. Il s'agit d'offrir un langage visuel aux sensations qui sommeillent en nous, au-delà de la pensée consciente : le flottement, le néon, le rythme, l'étrange, le vivant silencieux.