Ce qui subsiste après la disparition de l'histoire
Le folklore est rarement conservé sous forme de récit complet. Ce qui survit, ce sont des fragments – gestes, objets, motifs et images qui perdurent même lorsque l'histoire originale n'est plus entièrement racontée. Les symboles du folklore dans l'art et la mémoire collective sous forme visuelle existent dans ce résidu. L'image ne reconstitue pas l'histoire. Elle véhicule ce qu'il en reste.

Le sens stocké dans la répétition
Les symboles folkloriques ne dépendent pas de l'originalité. Leur force vient de la répétition dans le temps. Une forme est répétée non pas pour innover, mais pour préserver. Chaque itération porte le poids des précédentes, même si le sens n'est plus consciemment compris. Je m'intéresse à la manière dont la répétition devient un système de stockage, conservant la mémoire sans nécessiter d'explication.
Des objets qui survivent à leur usage
De nombreux éléments du folklore commencent comme des objets fonctionnels — outils, ornements, marques protectrices — et se transforment progressivement en formes symboliques. Une fois retirés de leur usage original, ils restent visuellement actifs. Un motif autrefois destiné à la protection continue d'être dessiné, même lorsque son but n'est plus nommé. L'image se détache de la fonction, mais pas de la signification.

Le corps comme lieu de transmission
Dans de nombreuses traditions, le corps véhicule directement le folklore. Par l'ornementation, le geste ou le mouvement, il devient un médium pour transmettre le sens. Des traces visuelles de ces pratiques subsistent souvent même lorsque le contexte original est perdu. Je suis attirée par les images où le corps ne représente pas le folklore, mais l'incarne — où le sens est transmis par la posture, le marquage ou le rythme.
L'imperfection comme continuité
L'imagerie populaire est rarement précise ou standardisée. Les variations, les irrégularités et les petits écarts ne sont pas des erreurs, mais font partie du système. Chaque version se déplace légèrement, permettant à l'image de rester vivante plutôt que figée. Cette instabilité crée une continuité, non par la ressemblance, mais par la variation. Le symbole survit en changeant.

Des fragments qui restent connectés
Même séparés de leur origine, ces symboles conservent un sentiment de connexion. Un motif, une forme ou une figure peuvent paraître incomplets, mais restent liés à quelque chose de plus grand. Je m'intéresse à la manière dont des images partielles peuvent encore porter un tout, et comment des fragments restent connectés à une structure invisible.
Une mémoire qui n'appartient pas à une seule personne
Ce qui définit les symboles du folklore dans l'art et la mémoire collective sous forme visuelle est leur anonymat. Ils n'appartiennent pas à un seul auteur. Ils sont façonnés au fil du temps, transmis par de nombreuses mains et véhiculés à travers différents contextes. L'image contient une mémoire qui n'est pas individuelle, mais partagée. Elle persiste non parce qu'elle est expliquée, mais parce qu'elle continue d'être utilisée.