Là où le médium cesse d'être défini
Quand je pense aux techniques mixtes dans mes peintures sur papier, je ne les vois pas comme une combinaison de techniques. Ce qui m'intéresse, c'est le point où l'idée de médium commence à se dissoudre. L'image n'appartient plus au dessin, à la peinture ou au traçage en tant que catégories distinctes. Au lieu de cela, elle existe entre les deux. Dans mon processus, je remarque que les frontières entre les matériaux deviennent moins importantes que les relations qu'ils forment. Les techniques mixtes apparaissent comme un effondrement des frontières des médiums lorsque l'image refuse d'être catégorisée.

Chevauchement au lieu de séparation
Dans les approches traditionnelles, les médiums sont souvent maintenus distincts. La ligne définit, la couleur remplit, la texture ajoute de la profondeur. Dans les techniques mixtes, j'observe comment ces rôles commencent à se chevaucher. Une ligne peut se comporter comme une tache, une couleur peut agir comme une structure, une texture peut interrompre les deux. Ces fonctions ne sont plus fixes. Ce chevauchement crée un système fluide où les matériaux changent continuellement de rôle. Les techniques mixtes deviennent un marqueur de l'effondrement des frontières lorsque la séparation entre les fonctions disparaît.
Identité matérielle en flux
Chaque matériau possède sa propre identité, mais dans les techniques mixtes, cette identité devient instable. Je remarque comment l'encre peut perdre sa clarté lorsqu'elle est superposée à du pigment, ou comment un lavis doux peut être interrompu par une marque sèche et abrasive. Les matériaux ne restent pas purs. Ils s'influencent mutuellement, altérant leurs qualités d'origine. Cela crée une surface où aucun médium ne domine. Les techniques mixtes émergent comme un effondrement des frontières lorsque les matériaux entrent en transformation mutuelle.

La surface comme champ hybride
Travailler sur papier amplifie cette condition. La surface devient un lieu où les matériaux interagissent directement, sans isolation. J'observe comment le papier absorbe, résiste et révèle simultanément, permettant à différents médiums de fusionner de manière imprévisible. Le résultat n'est pas une hiérarchie stratifiée, mais un champ hybride où les éléments coexistent sans séparation claire. Les peintures en techniques mixtes sur papier incarnent l'effondrement des frontières à travers cette interaction continue.
Au-delà des catégories vers le processus
Ce qui définit cette approche n'est pas l'utilisation de multiples matériaux, mais le rejet des catégories fixes. Je m'intéresse moins à l'identification du médium présent qu'à la manière dont l'image évolue. Le processus devient central. Chaque décision répond à la précédente, plutôt que de suivre une méthode prédéfinie. Les techniques mixtes marquent l'effondrement des frontières des médiums lorsque l'œuvre est guidée par le processus plutôt que par la classification.

L'image comme instabilité unifiée
Ce qui m'intéresse le plus, c'est que les peintures en techniques mixtes ne se résolvent pas en un système stable. Elles restent légèrement instables, non pas d'une manière qui semble inachevée, mais d'une manière qui maintient l'image active. Le spectateur ne peut pas séparer les éléments proprement ou les attribuer à des médiums spécifiques. Dans mon travail, cette instabilité n'est pas un défaut, mais une condition. Les techniques mixtes deviennent un effondrement des frontières des médiums lorsque l'image tient ensemble sans s'appuyer sur des distinctions claires.